Uvette



L' « UVETTE » OU « RAISIN DE MER »

(EPHEDRA DISTACHYA : ÉPHÉDRACÉES) : UN
MARQUEUR BIOLOGIQUE TÉMOIN D’ ANCIENS RIVAGES
DANS LE SUD- BITERROIS (VENDRES- LESPIGNAN - NISSAN)
 
 Une plante de bord de mer en pleine Garrigue

par André Lopez *
(d'après Bull.Soc.Arch.Scient.Litt.Béziers, 2019, p.11-31)


INTRODUCTION

Prospectant la « Barre » du Puech Blanc (Commune de Lespignan) pour un inventaire botanique et le repérage de vestiges gallo-romains, André Lopez-Moncet a eu l’extrême surprise d’y découvrir, en Avril 2018, une plante psammophile, l’Uvette ou Raisin de mer, normalement inféodée aux dunes littorales et dont la situation sur des falaises calcaires dominant l’étang deVendres s’avérait pour le moins étonnante et presque incongrue. Elle fut retrouvée ultérieurement, dans des milieux analogues, mais cette fois en surplomb de l’étang de la Matte (ou de Lespignan) qui prolonge celui deVendres jusqu’à la Vernède, sur Nissan lez Ensérune.L’emplacement de ses populations dans une topographie et un contexte géologique particuliers suggéraient leur adaptation à un milieu dérivé du bord de mer et, de ce fait, le jalonnement d’une ancienne ligne de rivage.

L’UVETTE

Caractères botaniques

L’Uvette, Raisin de Mer (nom également donné en zoologie à la ponte de la Seiche, ensemble d’oeufs se disposant en grappe).ou Ephèdre fait partie de l’ordre des Gnétophytes ou Gnétales, végétaux vasculaires et gymnospermes voisins des Pinales (Conifères), groupant trois familles : les Ephedraceae (Ephédracées) réduites au seul genre Ephedra (Fig.1), les Gnetaceae également monogénériques avec Gnetum (Fig.2) incluant surtout des lianes et les Welwitschiaceae ne comportant qu’une seule espèce, l’extraordinaire Welwitschia mirabilis du désert sud africain du Namib, avec ses deux feuilles en lanières gigantesques (Fig.3).







1 - Ephedra Fig.2 - Gnetum Fig.3 -Welwitschia Fig.4- Vue d’ensemble.Maïre Fig.5 - Prêle






L’Uvette est rattachée aux Ephédracées sous le binome linnéen d’ Ephedra distachya, le terme spécifique, issu de « di » = deux/double, et « stachys »(latin) ou « stakus » (grec) = épi, faisant allusion aux inflorescences mâles disposées par paires. Le genre Ephedra lui même est mal connu malgré les innombrables publications qui en ont traité depuis Jules Charles de l'Ecluse (Clusius,XVIeme siècle ). Quant à la typification de l’espèce elle même et son statut nomenclatural d’ Ephedra distachya (Linné 1753), ils s’avèrent fort délicats selon Nouviant (1996) qui les base exclusivement sur un habitus allongé flexible et un
habitat littoral atlantico-méditerranéen, excluant ainsi Ephedra monostachya (Linné,1753) et Ephedra helvetica (Meyer,1846) ainsi que plusieurs populations terrestres situées entre l’Arc Alpin et la Méditerranée.
Il s’agit d’une plante européenne et asiatique, vivace, à port de sous-arbrisseau, haute de 15 à 100 cm (Fig.1,4), dans l’ensemble glauque, d’un vert grisâtre à jaunâtre et rappelant, de prime abord, soit un petit genêt avec ses tiges et rameaux fastigiés5, soit et surtout, une Prêle (Fig.5) par l’absence apparente de feuilles et l’aspect segmenté des tiges, d’autant plus que cette dernière est également porteuse de strobiles .
Les tiges, chlorophylliennes et assurant donc la photosynthèse sont, fines, rigides, striées par de fines côtes et présentent des ramifications alternes ou en faisceau, toutes ces parties paraissant comme « segmentées » et « articulées » de façon régulière. Sur chaque noeud ou « articulation » séparant des entrenoeuds ou « segments », longs chacun de plus de 3 cm, s’insèrent de très petites gaines (2-3
mm) plus ou moins rougeâtres, étroites, triangulaires, non évasées, souvent situées de part et d'autre de la tige, et que l’on considére en général comme des "feuilles" non développéees ou atrophiques (Fig.6).







Fig.6 - Tiges, détails Fig.7 -Pied mâle et cônes Fig.8 - Cônes et fleurs mâles Fig.9 -Pied femelle et cônes Fig.7 -Pied mâle et cônes






L’Uvette est le plus souvent dioïque et présente des organes reproducteurs, les strobiles, plus communément appelés « cônes », agglomérés, visibles lors de la floraison en Mai- Juin. Un cône mâle, de couleur jaunâtre, est ovoïde, pédonculé ou subsessile, formé par 4 à 8 paires de fleurs avec des bractées10 stériles et 2-3 bractées dites fertiles portant une colonne staminale terminée par 8 anthères Il se dispose
généralement par paires, justifiant, comme déjà indiqué ci-dessus, le nom générique distachya (Fig.7 et 8). Le cône femelle est pédonculé, uni ou biflore, chaque fleur formée par une seule paire d'ovules et un long style saillant qu’entourent 3 ou 4 paires d'écailles protectrices (Fig.9). Ces ovules sont fécondés par le pollen issu d’un cône mâle et transporté , non par des Insectes mais par le vent (anémophilie). Le fruit qui en résulte arrive à maturité en août-septembre. Ses deux graines sont recouvertes d'écailles charnues rouge vif ou rose framboise (Fig.10 à 12), ce qui donne à l'ensemble un aspect et une consistance de baie globuleuse. Il est comestible, de saveur sucrée, d’où son nom vernaculaire "raisin de mer"et légèrement acidulée rappelant celle des grains de grenade.
Cette description « moderne » ne peut qu’être complétée par celles, particulièrement évocatrices sur le plan morphologique, qu’en donnaient déjà deux naturalistes de l’ Antiquité européenne connaissant l’ Ephedra distachya sous le nom de tragos. Ainsi, pour Dioscoride (De Materia medica, 4, 48), « Tragos pousse près de la mer. C'est un arbrisseau, bas sur le sol, d'une vingtaine de centimètres. Sans feuilles mais portant de nombreuses petites graines rouges, de la grosseur du grain de froment, pointues, astringentes au goûter…. » . Il semble toutefois exister ici une confusion entre les écailles (rouges) et les graines qu’elles entourent.







Fig.10 - Fruits, La Maïre Fig.11 - Pieds en fruits, Puech blanc Fig.12 - Fruits, détails Fig.13 - Grand Ephèdre, Minervois Fig.14 - Rouvet en fruits. Les Escaliers







De son côté, Pline l’ Ancien12 (Histoire naturelle,XXVII – CXVI) note qu’ : « Il y a aussi une autre plante appelée tragos (salsolatragus), et par quelques-uns scorpion, haute d'un demi-pied, poussant beaucoup de rejetons, dépourvue de feuilles, portant de petites grappes rougeâtres, et donnant un grain semblable à celui du froment, dont le bout est aigu. Cette plante croît, comme la précédente, sur les plages maritimes… » « Est et alia herba tragos, quam aliqui scorpion vocant, semipedem alta, fruticosa, sine foliis, pusillis racemis rubentibus grani tritici, acuto cacumine, et ipsa in maritimis nascens. »
L’ Uvette ainsi décrite ne peut être confondue avec une espèce voisine présente aussi dans notre région : le Grand Ephèdre ou Grande Uvette (Ephedra nebrodensis ou E.major), non psammophile mais saxicole13 et calciphile14. Il croît en effet sur les rochers et falaises calcaires (Fig. 13). Moins long que l’ Ephedra distachya, il est caractérisé par des tiges et rameaux dressés et ligneux à la base, à articles plus courts(1-2 cm), moins épais et presque filiformes (1 mm), des cônes sessiles ou subsessiles, non pédonculés, donnant également un fruit dont les écailles charnues rouges ne recouvrent cette fois qu’une seule graine. A.Lopez (1986) en a décrit une population sur le causse de la Courounelle, près de Minerve et l’a même présentée à la Société archéologique de Béziers lors d’une visite sur le terrain. Entre autres stations, on l’a signalée aussi dans l’ Aude près du château de Queribus et en tant qu’« Ephedra distachya » , comme « une nouvelle espèce végétale découverte dans la réserve au coeur des Gorges de l'Ardèche » ( Fize & Ferro, reportage sur internet), diagnose échappant à toute logique naturaliste, d’autant plus qu’elle se base uniquement sur quelques pieds mâles.
Dans notre secteur, surtout près de Nissan et du Puech blanc, une autre confusion est galement possible avec le Rouvet (Osiris alba : Santalacées), propre à la Garrigue,d’autant plus que les deux plantes y
partagent sur falaises des niches écologiques communes. Hémiparasite, peut être même de l’ Ephedra lorsque leurs pieds sont très rapprochés (Fig.22), le Rouvet a un port érigé-fastigié, une couleur d’ensemble glauque mais est pourvu de feuilles lancéolées et ses fruits subsphériques, d’un rouge vif luisant qui lui a peut être valu son nom vernaculaire, sont d’authentiques baies sans écailles(Fig.14).

Composition chimique et propriétés pharmacologiques
Le « Tragos » ou « Tragus » était déjà crédité d’un pouvoir médicamenteux par les Gréco-romains. Pour Dioscorides11, in De materia medica : « Dix des ces graines prises avec du vin sont bonnes pour l'estomac et les menstrues des femmes ». D’après Pline l’ Ancien , in Histoire naturelle : « Dix ou douze sommités des rameaux de cette plante, pilées et prises dans du vin, sont un remède pour le flux coeliaque, la dysenterie, l'hémoptysie et les pertes. » « huius racemorum X et XII cacumina trita ex vino pota coeliacis, dysentericis, sanguinem excreantibus mensumque abundantiae auxiliantur ».
Par ailleurs, l'Ephedra sinica, Ephèdre chinois ou « Mahuang », était utilisé à des fins médicinales en Chine depuis deux mille ans.
Le genre Ephedra est l'un des rares parmi les Gymnospermes4 à produire des alcaloïdes.De fait, les nombreuses espèces d'Ephèdres connues dans plusieurs parties du Monde renferment ces substances (Bruneton,2009) qui sont plus précisément des pseudo-alcaloïdes : l’éphédrine et la noréphédrine. En outre, les rameaux renfermeraient de faibles quantités d'un autre alcaloïde, l'orantine,dérivé de la spermidine. L'éphédrine, de formules brute C10H15NO et topologique figurée ci-contre est considérée comme structuralement très proche de l’adrénaline dont elle potentialise l’action.
A l'exception d' Ephedra nebrodensis (Fig.13), la plupart des Ephèdres européens, n’ont qu’une teneur en pseudoalcaloïdes réduite, contrairement aux espèces asiatiques qui en renferment une quantité notable et dont ils peuvent être extraits. Après avoir été longtemps citées dans la plupart des pharmacopées, seules les préparations synthétiques conservent encore quelques emplois, non sans ménagement17. L’usage médical de l’éphédrine et de la noréphédrine se résume aujourd’hui au traitement de l’hypotension artérielle dans les anesthésies, de la congestion des voies aériennes et, comme antinaupathique, dans le « mal des transports ». On conçoit que les indications antiques évoquées ci-dessus ne pouvaient, en principe, avoir l’effet escompté, si l’on excepte peut être la stimulation des sphincters.




Fig.15 - Population, La Maïre





Le Biotope habituel

Comme l’ont aussi fort bien souligné les deux auteurs gréco-romains précités, « Tragos pousse près de la mer »… « sur les plages maritimes ». D’abord dressée puis rampante, l’Uvette a une forte propension à coucher ses tiges sur le sable, y devenant ainsi prostrée, au point de le recouvrir presque entièrement et de former des tapis ras sur les dunes du littoral qu’elle contribuerait ainsi à stabiliser en y supportant même un ensevelissement progressif. L’ Uvette est d’ailleurs bien adaptée à la vie dans ce milieu très particulier meuble, croulant, très aride et venté que tolèrent seulement les plantes dites psammophiles. La grande longueur de sa partie souterraine, la réduction des feuilles à de petites structures en écaille et l’inclusion des stomates primitifs dans un épiderme à revêtement cireux diminuant la perte d'eau sont autant
d’adaptations à l’environnement dunaire. La quasi-absence de feuilles est compensée par le fait que ses tiges et rameaux sont chlorophylliens7 et assurent
ainsi la photosynthèse. Il s’agit donc d’une psammophyte, d’une xérophyte, mais aussi d’une plante pionnière que l’on retrouve dans d’autres zones côtières sablonneuses (Méditerranée centrale et occidentale,côtes atlantiques du Portugal, de l’Espagne sud-occidentale et d’Afrique du Nord), notamment sur l'arrière des dunes stabilisées, dites "dunes grises". Avec le beau lis des sables (Pancratium
maritimum ), le Liseron soldanelle (Calystegia soldanella), présents à Vendres-Plage et Crucianella maritima, elle fait partie d’une communauté végétale, l’alliance dite Crucianellion maritimae.
Sa propagation s’effectue soit de proche en proche, de façon végétative, par la partie souterraine, l’enracinement possible au niveau des noeuds, et par graines, ces dernières pouvant être disséminées par le vent, par les oiseaux (ornithocorie), ce mode de dispersion entrainant des implantations aléatoires au sort extrêmement variable, voire même par les lézards comme aux Baléares chez une espèce voisine, l’ Ephedra fragilis (Neghme & al., 2017) ou par des Rongeurs en Amérique du nord (Hollander & al., 2010).Autre particularité biologique exceptionnelle pour un sous-arbrisseau, l’ Ephedra distachya
bénéficierait, selon Nouviant (1996), d'une longévité plus que séculaire.
Dans le Sud Biterrois, bien que la fiche ZNIEFF consacrée en ces lieux au lido ne la mentionne pas, elle est présente entre Portiragnes et Sérignan-Plage, sur les dunes situées à l’est de la Grande Maïre (Fig.15) où prospèrentd’ailleurs d’autres plantes rares telles que l’ Euphorbe peplis, déjà connue, elle aussi, dans l’Antiquité gréco-romaine.Curieusement, l’ Ephèdre semble faire défaut sur le rivage, depuis ce secteurjusqu’à l’embouchure de l’Aude, et notamment dans les belles dunes deVendres-Plage où la flore psammophile et halophile du bord de mer esttypique , abondante, et diversifiée (Lopez,1919). Si elle en a fait partie dans lepassé, sa destruction par piétinement a pu l’éliminer depuis. Beaucoup plus à l’ouest, elle est signalée dans les Pyrénées orientales sur le littoral de laSalanque , entre Canet-Plage ett St Cyprien dans un groupement sur sables fixés(Prudhomme,1987), ainsi q ue du côté de (Canet) et de Torreilles(SMBCN,2014) et au sud de Perpignan, sur dunes fixées ou dunes grises versl’embouchure de la Tech (Roubaudi & al.,2008).Inversement, vers l’est, elle aété photographiée sur la corniche rocheuse de Sète, en surplomb de la mer(Anonyme, 2016).

Localisations actuelles non côtières

En fait, nous savons depuis peu qu’elle est bel et bien présente dans le Sud-Biterrois mais cette fois en arrière plan et loin à l’intérieur des terres, jusqu’à 8 km et plus de la côte .D’est en ouest , une première population (Fig.16 à 18, Carte 2), qui a inauguré, non sans étonnement, notre suite de découvertes, est localisée sur la« barre » du Puech Blanc (commune de Lespignan), près du domaine homonyme et celui de Castelnau. Elle y est enracinée plein sud dans les fissures de vires et surplombs rocheux des petites falaises de l’Oligo- Miocène24 associant limons jaunes à lits de galets, calcaires lacustres de Nissan et calcaires dits des Brégines24.Représentée surtout par des pieds mâles, l’Uvette y cohabite avec les plantes de garrigue les plus diverses.





Fig.16 - Puech blanc.Biotope  Fig.17 - Pieds mâles Fig.18- Pieds femelles en fruits




 
La deuxième population (Fig.19,20,Carte 2), plus étendue, prospère, après Lespignan, sur les pentes meubles du lieu dit « Les Tuilières » associant des sables marins miocènes24 et des colluvions25 quaternaires, partie d’une fiche ZNIEFF20 où l’ Ephedra, pourtant abondante, n’est même pas signalée.





Fig.19 - Tuilières.Biotope   Fig.20 -Population 
Fig.21- Nissan. Biotope Fig.22 -Ephedra et Osiris (flèches)





* Plus vers le nord-ouest, d'autres Ephédres ont été découvertes  par A.Lopez en 2021, en contrebas de la Chapelle et des Moulins de Nissan, cette troisième station se localisant  aussi  à proximité de la villa gallo-romaine dite du Petit Marignan où était déjà décrit un énorme dépotoir de pectens glabres (A.Lopez, 2020).
Une quatrième station, la plus éloignée du littoral, se situe au bas des collines de Nissan, plus précisément du Puech Ponchat26, sur microfalaises de calcaires lacustres et limons jaunes, avec des sables marins, nonloin du four à Salicornes(soude)restauré par les « Amis deNissan »(Fig.21,22,Carte2).Ici, encore, une fiche ZNIEFF20 dédiée ne fait pas mention de la plante. La très rare Astragale de Narbonne y est par contrementionnée.Il existe probablement d’autresstations interposées depuisVendres jusqu’à La Vernède où elles devront être recherchées par desprospections systématiques d’autant plus difficiles qu’Ephedra tend à se fondre dans son environnement végétal en milieu escarpé et herbeux.Par ailleurs, elle aurait été signalée dans la Clape, donc à l’ouest de l’ étang deVendres et de l’ Aude, sur « ….le bord de falaise surplombant les Combes…Plus surprenant est Ephedra distachya dans la même situation qu’à l’Ile Saint-Martin et non pas sur le littoral sableux comme d’habitude. » (Anonyme, 2012)(Carte 2).Une assertion sans diagnose et une localisation floue restant àconfirmer par des recherches ultérieures au bas du massif , surtout dans lessecteurs de Puech Céleyran, Salles, où elle a été entrevue (Carte 2), et Fleury d’Aude, voire jusqu’à Saint-Pierre/Mer. A noter qu’à l’Ile Saint-Martin l’ Uvetteest signalée pêle-mêle avec des plantes de garrigue typiques (Roubaudi &Griot,1997), une promiscuité et donc un milieu rappelant ceux du Puech blanc etdu Puech Ponchat.

Explication plausible de l’ « anomalie »

Il s’avère que les diverses stations découvertes jusqu’ici jalonnent une partie au oins du pourtour de l’ étang de Vendres et celui de Lespignan, dit de la Matte, où leur emplacement particulier, à un même niveau approximatif (quelques mètres) au-dessus du niveau des fonds d’étangs asséchés suggère de les considérer comme marquant un ancien rivage sans permettre toutefois de le dater. Il ne peut être que celui d’un ancien bras de mer  s’incurvant autour de la Clape27, de sorte que le terme « ria », avancé par Bardot et Forest(2015) est inacceptable puisque cette étendue marine présumée n’occupait pas une vallée fluviale : l’Aude n’y parvenait pas encore29.


Reconstitution par inondation
Carte 1 - Transgression (en bleu) évoquée par l’inondation de 1999 (d’après Vinet,2003)


Ces installations aberrantes ne peuvent s’expliquer qu’en remontant le temps, au delà de l’ Antiquité romaine, peut être même jusqu’à l’époque post-glaciaire30,à la fin de la quatrième et dernière glaciation, dite de Würm ( il y a environ 10 000 à 17 000 ans) lorsque se produisit la transgression holocène dite flandrienne31. La mer s’infiltra alors dans les terrains essentiellement secondaires et miocènes24, depuis
Narbonne à l’ouest et depuis Vendres à l’est, créant ainsi un vaste golfe évalué parfois à 25000 ha, considéré comme plus étendu que l’étang de Thau actuel, frangé de + 6 à + 25 m. par une longue série de plages en des lieux aujourd’hui familiers (Vendres, La Vernède, Montels, Gruissan, Peyriac, autour de la Clape, Fleury inclus) et bordé au sud par de nombreuses îles, dont la Clape, Insula Laci (Verdeil,1987 ; Ambert,1993 ; Ropiot,2007 ; Sanchez, 2011), qu’il contournait ainsi par le nord32. Un tel paysage ne devait pas être sans rappeler celui qu’ont créé, au XXeme siècle, les eaux douces de l’Aude submergeant sa basse vallée lors des inondations majeures comme celle de1999 (Carte.1). Durant plusieurs millénaires, le golfe fut soumis à une sédimentation intense, alluviale par l’Aude et marine. Cette dernière se trouva progressivement réduite par la mise en place d’un cordon littoral qui limita les échanges avec la mer, ces derniers n’étant plus assurés que par le chenal des « graus » 21 et convertissant le plan d'eau en lagune21. Par ailleurs, il s’était produit des phases alluviales majeures de l’ Aude29 et l’ensemble de trois terrasses32 qui en résultat (Carte.2) produisit son cloisonnement sans que l’on sache toutefois, faute de sondages, si ce barrage était complet au niveau de Coutelle,près de Coursan et faisait alors de la Clape une presqu’île32. Ainsi furent isolés,d’une part à l’ouest le complexe
lagunaire narbonnais des étangs de Bages-Sigean et de l’Ayrolle, correspondant au fameux Lacus rubresus33, déjà évoqué à la Société par Reboul (1837), d’autre part à l’est le chapelet des trois futurs étangs héraultais. Celui de Capestang,d’abord plan d'eau marine jusqu’après la dernière glaciation du Würm30, vers 6000 à 8000 ans, s’isola ensuite du domaine lagunaire pour se transformer en un
vaste marécage d’eau douce durant la Protohistoire, le remblaiement responsable étant encore lié à l’activité de l’ Aude 29 près de Cuxac et Coursan (Rescanières, 2002). De leur côté, les deux futurs étangs de La Matte (Lespignan) et de Vendres formaient par leur continuité un immense plan d’eau qui durant la Protohistoire 10 et l’Antiquité baigna sans aucun doute, le bas des sites et leurs abords immédiats
(Carte 2).


Carte couleurs
. Carte 2 - Inspirée par différents auteurs,  elle montre la division du golfe primordial en Palus Hélicé et Lacus rubresus narbonnais
Secondaire en jaune, Tertiaire en marron, delta de l’Aude et terrasses en
couleurs différentes. Flèches rouges : stations d’ Ephedra (en attente)




D’est en ouest et à partir de son (ou ses) grau(s)21 le mettant en communication avec la Méditerranée, ce Palus34, au sens de Monique Clavel-Lévêque (2014) bordait : les terrasses quaternaires de
Vendres35 ; les barres molassiques tertiaires de Vendres du cap de Vénus à Castelnau24 ; les microfalaises de Lespignan depuis le Puech blanc, les Escaliers, le bas de Vivios, puis Gouldeau-Valère ; le pourtour de l’étang de la Matte, au pied de Lespignan, ses microfalaises ; la succession des collines de Nissan26 ; la Vernède ; la plus orientale des terrasses, dite de Coutelle, débutant aux collines d’ Ouveillan pour atteindre le Puech Celeyran ; enfin tout le versant oriental de la Clape27 rejoignant le (les) grau(s)21, vers les actuelles Cabanes de Fleury.
Il semble bien qu’à son extrémité méridionale, après avoir été largement ouvert sur la mer, le Palus en fut isolé à ce niveau par un cordon littoral21, fermeture rendue toutefois incomplète au hasard de l’évolution des graus faisant toujours communiquer la mer et le plan d’eau . Il n’en subsiste plus aujourd’hui que le "grau vieux de Valras" (« Vallreas »), très intermittent, et le grau « Mage » remanié par les installations du Chichoulet. Selon toute vraisemblance, c’est de ce secteur que l’Helicé fut entrevu et (ou ) emprunté par les navigateurs antiques, parmi eux le Romain Festus Avienus 36 qui dans les vers 586-594 de son Ora maritima36, juste après avoir évoqué le golfe de Narbonne , des îles et l’Aude (Attagus), le décrit et le baptise comme suit au IV eme siècle de notre ère :
« Hic salsum in aequor amnis Attagus mit :Heliceque rursus hic palus juxta : dehinc Besara stetisse fama scasca tradidit. At nunc Heledus, nunc et Orobus flumina vacuos per agros et ruinarum aggeres amoenitatis indices priscae meant. » 11 « Ici le fleuve Attagus se rue vers la plaine salée (dans la mer) : ici (se trouve) le marais Hélicé, et tout près vers l'arrière : à partir de là, selon ce que racontait une vieille tradition, s'érigeait Besara (Béziers). Mais désormais les fleuves Heledus(Lirou) et Orobus (Orb) traversent des champs vides et des amas de ruines indices d'une antique beauté. »
Ainsi apparait la notion d’une « Palus Hélicé» dont l'identification et l'étendue ont été très controversés : étang de Capestang pour Gayraud (2002) et Rescanières (2002), étang de Bages et de Sigean, voire même le Lacus rubresus tout entier (Ugolini & Olive,1987). En fait, si l’on se base, à très juste titre, sur la proximité , « à partir » du Palus, de l’antique Besara (Béziers), sensée alors en ruines, il devient évident que la composante marine de Vendres et Lespignan lui correspond sans ambiguïté comme l’a fort bien souligné Monique Clavel-Lévêque (2014). Il semble que de tous les écrivains antiques Avienus36 ait seul utilisé le vocable Hélicé que ce nom soit issu du grec ancien ἕλιξ, helix ,« spirale », « contourné en spirale », allusion possible au pourtour incurvé du plan d’eau, à ses coquillages ou lui ait été inspiré par la peuplade des Elisyques37 du Narbonnais. Il n’est pas sans intérêt de signaler que l’itinéraire lui même a été contesté par certains des auteurs précédents (Gayraud,2002 ; Ugolini & Olive,1987) ainsi d’ailleurs que l’état de « Besara » au IV eme siècle36

Rapports de l’ Ephèdre et du Palus Hélicé

L’ Ephèdre présente un lien indéniable avec le Palus Hélicé et son histoire
hydrogéologique. Le pourtour de ce plan d’eau salée puis en partie saumâtre du
fait d’apports hydriques par les affluents présumés38 , a été ourlé sans aucun
doute par un rivage sablonneux, du moins là où ses flots n’érodaient pas
directement le pied des falaises miocènes ou la partie la plus déclive de terrains
rocheux en plan incliné propices à l’installation de débarcadères (Gouldeau , les
Escaliers sur Lespignan). Le sable des plages formait vraisemblablement des
avant-dunes dont la présence trouve une confirmation botanique décisive, du
moins sur le pourtour oriental du Palus où les peuplements d’Ephedra distachya
constituent autant de jalons établis sur la Barre du Puech blanc (étang de
Vendres), les collines sud de Lespignan et celles de Nissan (étang de la Matte).
Lors du remplacement de la mer par des eaux saumâtres et de la dispersion du
sable riverain, l’Uvette du Puech blanc aurait gagné les falaises calcaires susjacentes
et leur garrigue grâce à son pouvoir colonisateur de plante pionnière19,
s’étendant de proche et par un profond enracinement dans les fissures.
Ailleurs, les stations surplombant l’étang de la Matte correspondent, sur la carte
géologique du BRGM (Bureau des recherches géologiques et minières), à des
dépôts de sables marins de l’ Aquitanien-Burdigalien24 , un substrat déjà
favorable à l’installation de la plante et qui a persisté jusqu’à la transgression
12
Fig.23 - Valves de coquilles du
Flexopecten glaber provenant
de dépotoirs gallo-romains
(Castelnau, villa de Vivios)
flandrienne (versilienne)31 lorsque la mer s’infiltrat dans les terres depuis
Vendres jusqu’à la Franqui.
Il est vraisemblable qu’au moins dans la partie méridionale du Palus, Ephedra
était associée initialement à d’autres plantes psammophiles1, telles qu’on les
observe aujourd’hui encore sur les dunes de Vendres-Plage (Oyat, Panicaut
maritime, Euphorbe des rivages…)(Lopez,2019), peut-être aussi à des zones de
sansouïre, avec leurs Salicornes et de roselières à Phragmites, enfin à des îlots
de ripisylve39 au débouché des eaux douces38.
CONCLUSION
L’intérêt d’ Ephedra distachya dans le sud biterrois est triple : botanique,
écologique et archéobiologique.
Sur le plan botanique tout d’abord, son appartenance aux Gnétophytes lui
confère un attrait exceptionnel, cet ensemble de végétaux vasculaires3
représentant une énigme particulièrement irritante sur le plan de l’évolution.
En outre, contrairement aux deux autres genres du groupe, Gnetum et
Weltwitschia, dont les oeufs libres sont fécondés comme chez les
Angiospermes4, l’Ephedra est considérée comme plus primitive par la structure
ovulaire de ses fleurs femelles. Son genre est également archaïque par des
évolutions déroutantes dans la complexité des bouleversements à l'échelle
géologique.
Au point de vue écologique, l’ Uvette se présente au lido21 de la Grande Maïre22
comme une espèce « normale », prospérant dans un milieu naturel sablo-dunaire
qui lui est propre et dont toute la végétation (Oyat, Panicaut maritime, Euphorbe
peplis…) est adaptée aux conditions naturelles difficiles qui y règnent : forte
salinité, puissance du vent, impact des grains de sable, sol mouvant et minéral.
En revanche, plus à l’ouest du sud-biterrois , bien au delà de la grande Maïre et
de l’Orb, Ephedra distachya se rencontre à
l’intérieur des terres, jusqu’à 8 km et plus du
littoral. De ce fait, elle apparaît comme le témoin
encore vivant et prospère, d’une ambiance marine
aujourd’hui disparue. On peut la considérer à ce
titre, comme un marqueur d’anciens rivages
qu’elle ne permet toutefois pas de dater car le
début de son installation, au plus tôt en début
d’Holocène31, devrait rester à jamais inconnu.
Un fait est toutefois assuré. De même que le
Flexopecten glaber40 (Fig.23), un Mollusque
Bivalve ou Lamellibranche proche parent de la
« Coquille Saint-Jacques » atlantique et de nos
« Pagelines », presque éteint aujourd’hui mais qui vivait en abondance dans le
13
Palus Hélicé où il fut collecté dès la protohistoire (Lopez, Clavel-Lévêque &
al…), l’ Uvette fit partie intégrante de l’environnement naturel antique qui lui
était favorable. Elle fut donc contemporaine des populations Gallo-Romaines
locales qui devaient la connaître et en faire usage, dans la mesure où les textes
de Pline12 et Dioscorides11 leur étaient accessibles.
Au vu de ces considérations, il semblerait qu’ Ephedra puisse être créditée d’un
statut surprenant mais non antinomique, du moins en ce qui concerne notre
région. Elle mérite d’être considérée d’une part comme relicte ou espèce
relictuelle41, qui aurait pu s’éteindre avec la disparition du Palus Hélicé, sur la
totalité de son pourtour, mais y subsiste néanmoins encore de nos jours, peut être
grâce à son extraordinaire longévité, très localement, dans des niches
écologiques restreintes et en populations à terme irrémédiablement
condamnées. D’autre part, elle pourrait avoir une valeur de relique42, espèce
vivante se confinant à ces mêmes sites très limités, après avoir connu sans aucun
doute une expansion beaucoup plus grande tout autour du même bras de mer.
NOTES
Psammophile (du grec ancien ψάμμος, psammos « sable » et phile « qui aime ») désigne une
espèce animale ou végétale vivant dans un substrat sableux (Synonymes : sabulicole, arénophile). Un
psammophyte est une plante psammophile
Les Gymnospermes (Gymnospermae, γυμνός, gymnos, "nu" et σπέρμα, sperma, "graine") sont un sous-embranchement de plantes à graines dont l'ovule est à nu et porté par des pièces foliaires groupées sur un rameau fertile (cône). En revanche, chez les Angiospermes ( en grec : « graine dans un récipient »), l’ovule est enclos dans un ovaire. Caractère ambigü, le bois des Ephedra et autres Gnétales, associe des trachéïdes typiques des Gymnospermes et des vaisseaux, constitutifs de celui des Angiospermes.
5- Un végétal possède un port fastigié (latin : fastigium) lorsque ses rameaux sont dirigés vers le
sommet de la plante dont ils entourent la tige principale en s’y resserrant plus ou moins.
Les Prêles ou Queues-de-cheval sont des plantes herbacées vivaces d’environnement humide appartenant aux Cryptogames vasculaires et à la famille des Equisetaceae, avec un seul genre, survivant du Carbonifère : Equisetum (du latin equus, « cheval » et seta, « soie, crin »). Leur tige, riche en silice et nettement articulée, porte sur ses noeuds un anneau des très petites feuilles archaïques en écailles (microphylles), ainsi que les rameaux, lorsqu’ils son présents.
Le termedioïque , s’opposant à monoïque, qualifie une plante dont les fleurs mâles et femelles sont situées sur des pieds distincts. Le pied mâle porte uniquement des fleurs unisexuées mâles dont les pièces fertiles (androcée) sont des étamines produisant le pollen par leurs anthères. Le pied femelle ne montre que des fleurs unisexuées femelles, à pièces fertiles (gynécee ou pistil) dont les ovaires contiennent les ovules et sont surmontés d'un style. Après fécondation par le pollen, le gynécée donne un fruit contenant des graines issues des ovules.
Un strobile (du latin strobilus, « tourbillon » ou du grec στρόϐιλος, « toupie ») est un terme utilisé aussi bien en Zoologie ( une des phases du cycle vital de certaines Méduses) qu’en Botanique où il
désigne une structure présente sur de nombreuses espèces végétales terrestres,dont les Ephèdres et les Prêles où il comporte respectivement des fleurs et des sporanges et plus souvent appelé « cône », un
terme que de nombreux botanistes préfèrent toutefois réserver au fruit ligneux des Conifères.
 Pedanius Dioscoride ( Pedanios Dioskoridês), né entre 20 et 40 E.C. ( Anazarbe, province romaine de Cilicie, dans l'actuelle Turquie) et mort vers 90 .Botaniste , pharmacologue et médecin grec, il fut l’auteur de De Materia Medica, source de connaissances majeures en matière de botanique et remèdes de toutes natures (végétale, animale, minérale) depuis l'Empire romain jusqu’au début de l'époque moderne tant en Europe que dans le monde musulman.
Pline l’Ancien ( Gaius Plinius Secundus), né en 23 E.C. à Novum Comum (l'actuelle Côme) dans le nord de l'Italie et mort en 79, à Stabies lors de l'éruption historique du Vésuve, est un écrivain et
naturaliste romain du Ier siècle, militaire, administrateur de la Gaule narbonnaise, préfet de la flotte de Misène. surtout connu auteur comme auteur d'une encyclopédie monumentale, L'Histoire naturelle
(Historia Naturalis), en 37 volumes, rassemblant le savoir de son époque sur les sujets les plus divers et longtemps référence majeure en sciences et en techniques. Il est à rappeler ici que Pline, peut être
abusé par la ressemblance des deux genres, a utilisé le mot Ephedra non comme synonyme de Tragos mais pour nommer une plante dressée contre les troncs, à savoir une espèce de prêle (Equisetum
sylvaticum L.).
Saxicole (du latin saxum « roc, rocher » et colore « habiter »),qualifie tout organisme, le plus souvent végétal, qui vit naturellement et, de préférence ou uniquement, sur les rochers.  Une plante calciphile ( du latin calcarius , « chaux » et du grec phylos, « qui aime ») se rencontre exclusivement ou préférentiellement sur les sols riches en calcium et ne supporte pas les terrains acides
 Un végétal hémiparasite comme le Rouvet et la plupart des autres Santalacées ou les Orobanches es garrigues est chlorophyllien, assure donc par lui-même l’essentiel de sa synthèse carbonée mais
soustrait par les racines de l’eau et des sels minéraux à des plantes hôtes de groupes très différents qu’il ne semble d’ailleurs pas affecter..
 Les alcaloïdes, qui portent une terminaison en « -ine », sont des molécules à bases azotées, le plus souvent hétérocycliques, c’est à dire constitués de séries d’atomes différents (en général carbone et azote), dérivant le plus souvent d’acides aminés et très majoritairement d'origine végétale. En fait, selon la nouvelle classification d’Aniszewski (2007), basée sur les précurseurs dans la voie biologique de synthèse, l’ Ephédrine et la noréphédrine, sont des pseudo-alcaloïdes, composés dont le squelette carboné de base ne dérive pas d'acides aminés. En tant que sympathomimétiques, ils provoqueraient la libération de la noradrénaline par les terminaisons nerveuses sympathiques, stimulant ainsi le système cardiovasculaire, les sphincters digestifs et urinaires, accélérant les mouvements respiratoires et dilatant les bronches.
L’ Ephédrine de synthèse est encore commercialisée dans un nombre réduit de spécialités comme stimulant cardiaque , antiasthmatique, décongestionnant rhinopharyngé, auriculaire , dentaire
(dévitalisation de la pulpe) et antiémétique (Transmer®). Toutefois, les préparations à usage oral sont inderdites comme « dopant » dans les compétitions et peuvent entrainer des accidents cardiovasculaires
graves, en association avec de la caféine.
Une xérophyte (du grec ξηϱός - xêros : sec, et φυτόν - phuton : plante) est une plante adaptée aux milieux secs, arides et capable de résister à de grands déficits d’eau. Elle peut être appelée aussi plante xérophile.
Une espèce pionnière est, en écologie, l'une des premières formes de vie qui colonisent ou recolonisent un milieu donné, dépourvu de vie, parfois après une perturbation. Elle est souvent aussi une espèce dite « facilitatrice » dont la seule présence entraîne des modifications telles que d’autres espèces, bien que nécessitant des conditions de vie différentes peuvent aussi s’établir en formant un nouvel écosystème.
 Le sigle ZNIEFF désigne en France, une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, espace inventorié en raison de son caractère remarquable, à travers le réseau Natura 2000,
selon un programme scientifico- naturaliste  lancé en 1982 par le ministère Bouchardeau. Nos propres recherches démontrent que le dit inventaire est loin d’être complet et comporte même des erreurs grossières dans le Biterrois, aussi bien sur le littoral que dans les Avant-Monts.
 Le Lido, nom désignant initialement la formation géologique sableuse très allongée qui ferme la lagune de Venise , désigne aujourd’hui par extension un cordon littoral. Ce dernier est une bande de terre , de relief peu marqué et composée d’alluvions, sable surtout qu’ont déposé les courants marins. Formé en avant des côtes et plus ou moins parallèlement à celles ci, un cordon littoral peut isoler un plan d'eau alors appelé lagune. Cette lagune peut communiquer avec le plan d'eau principal par une ou plusieurs passes ou graus ( terme occitan signifiant « chenal », dérivé du gallo-romain « grauus »= « rivage, sablonneux, plage »).qui découpent le cordon littoral. S'il n'existe qu'une seule passe, le cordon littoral est alors relié à la terre ferme et forme deux flèches littorales.
 La “Grande Maïre”, située entre Sérignan-Plage et Portiragnes, est un ancien bras du fleuve Orb,
devenu aujourd'hui une lagune, tout comme sa voisine "la riviérette" et communique avec la mer par
une passe intermittente ou grau. Réserve naturelle du Conservatoire du Littoral classée "Natura
2000", le site comporte divers habitats naturels ( dunes, sansouïre, prés salés, roselière) et héberge une
grande variété d’oiseaux.
23 - Un organisme halophile (du grec halos, sel et philein, aimer) est un organisme qui s'accommode
ou a besoin de fortes concentrations en sel dans son milieu pour vivre. Pour bon nombre d'espèces
végétales terrestres du bord de mer considérées comme halophiles et ,de ce fait, dites halophytes, le
sel est nécessaire pour leur développement, leur longévité ou leur persistance endémique dans ce
milieu très particulier.
24 –L’ Oligocène et le Miocène, noms pouvant être utilisés comme substantif ou adjectif, désignent
deux divisions stratigraphiques de l’ère tertiaire ou cénozoïque, la partie supérieure de la première
étant aujourd’hui incluse dans le Miocène inférieur dont elle est devenue les deux premières
subdivisions, Aquitanien et Burdigalien. S'étendant en gros de 23,5 à 15 millions d'années,
l’ensemble est représenté dans le sud-biterrois par une série de terrains caractéristiques,
essentiellement les limons jaunes à lits de galets, les calcaires lacustres de Nissan dont le fossile
caractéristique est Helix ramondi , le calcaire coquillier dit des Brégines, à Chlamys tournali., et les
molasses marines dominant l’étang de Vendres à Castelnau. Sur ce domaine, l’ Etang rond ou Redon
(Carte 2) est une dépression continentale fermée, d’origine éolienne (due aux vents) comme celui de
Montady (Carte 2) .
25 – Les colluvions sont des dépôts de bas de pente, relativement fins et dont les éléments n’ont subi
qu’un faible transport, à la différence des alluvions charriées par les eaux.
26 – Les collines de Nissan sont un ensemble de collines marno-calcaires et de vallons couverts del végétation méditerranéenn, s'étendant sur 488 hectares, au sud du village de Nissan-lez-
Ensérune,surplombant l'étang de la Matte (Plaine de St Joseph surtout) et comportant les plus hauts
reliefs de la basse plaine de l'Aude, dont le Puech Ponchat, qui atteint 102 m, avec par endroits, des
parois de plus de 70 m (Carte 2).
La Clape (Cartes 1,2) est un petit massif en grande partie calcaire situé dans l’Aude, immédiatement à l’ouest du fleuve homonyme qui le sépare des étangs de Vendres et Lespignan. D’environ 15 000 hectares et culminant au Pech Redon (214 m), ce massif est essentiellement constitué par des roches calcaires du Crétacé inférieur, donc très différentes de celles du Sud-Biterrois. Le relief, la flore, riche en plantes rares, la faune et les paysages lui confèrent le statut de site naturel classé en Languedoc-Roussillon.
 Un bras de mer est une zone marine littorale en prolongement étroit à l’intérieur des terres qui, relativement rapprochées, l’entourent sur au moins deux de ses côtés. Une Ria est aussi une étendue de mer, relativement longue et étroite, pénétrant à l’intérieur des terres mais résultant d’un envahissement de la partie aval d’une vallée fluviale.
29- L’Aude est un fleuve côtier d’ Occitanie, né dans les Pyrénées (massif du Carlit, à 2185 m
d’altitude), et qui après un parcours de 224 km, va se jeter dans la Méditerranée, à la limite des
départements de l'Aude et de l'Hérault, entre les Cabanes de Fleury et Vendres (Chichoulet). Son nom
16
romain « Atax » dérivait du terme gaulois atacos = « fougueux », allusion à son régime imprévisible
et à ses crues dévastatrices. « Ce divagueur impénitent » (Déruau) a connu sans cesse des
changements de lits malgré tous les efforts humains déployés pour le contrôler. Son cours, d’abord
unique et orienté du nord-ouest vers le Lacus rubresus ,au sud (Ier-XIIIe s), se divisa en deux bras au
XIVe s : l’un méridional, provisoire, devenu plus tard la Robine, et l’autre oriental qui, en franchissant
les terrasses 32 atteignit les étangs de Lespigan puis Vendres pour constituer finalement un delta au
niveau de celui de Pissevaches. Et ce n’est qu’à l’époque moderne (XVIII e- XIXe s.) que le cours
actuel aurait été creusé de main d’homme depuis Cuxac jusqu’aux Cabanes de Fleury
30 – L’époque post-glaciaire débute à la fin de la quatrième et dernière glaciation du Quaternaire,
dite de Würm (du nom d’un affluent du Danube), environ de 17 000 à 10 000 ans A.E.C.) lorsque, se
produisit la transgression holocène dite flandrienne31 suite à la fonte des glaces et au réchauffement.
31 -En géologie, la transgression est un déplacement de la ligne de rivage vers l'intérieur des terres,
surtout par élévation du niveau de la mer. La transgression flandrienne (du nom de la Flandre où ses
effets ont été les plus visibles), dite versilienne en Méditerranée, est un épisode survenu à la fin de la
dernière glaciation de Würm30,(il y a environ 17 000 ans) où la fonte des calottes polaires a provoqué
une élévation mondiale du niveau de la mer (d'environ 100 m) avec un réchauffement des eaux de plus
de 10°C. Cet épisode s'est prolongé à l'Holocène (époque géologique s'étendant sur les
10 000 dernières années, toujours en cours de nos jours), jusqu'au début de notre ère (E.C.)
32 – Une ancienne insularité de la Clape, telle que la reconstituent encore aujourd’hui les
inondations majeures de l’Aude (Carte 1), reste toujours très discutée. Affirmée par certains auteurs
(Verdeil,1970, Ambert,1994 ) sur des preuves géologiques , confortée par les divers noms suggestifs
qui lui ont été donnés au cours de l’ Histoire (Insula Laci, île d’Ellec, de Dellec, d' Hellec. …),
perpétuée sur Internet dans les nombreux sites la concernant, elle est niée par d’autres auteurs qui la
considèrent plutôt comme une presqu’île. Dans ce cas, les trois terrasses alluviales de l’ Aude,
notamment celle dite de Coutelle (Carte 2), près de Coursan, auraient été complètes, formant ainsi un
« isthme » qui l’unissait aux terres du nord.
33 – Le Lacus rubresus ou rubrensis, « Lac rougeâtre », fut ainsi nommé, respectivement par
Pomponius Mela ( Description de la Terre, II,74) et Pline (Histoire naturelle III,5), du fait de sa
couleur particulière due à l’apport massif des alluvions de l’Aude (Atax, Attagus) qui y débouchait
près de Narbonne (lac Narbonites de Strabon). Ce plan d’eau occupait l’emplacement des étangs de
Bages et Sigean mais pour certains 32, aurait pu emplir toute la basse vallée de l’Aude, s’étendant ainsi
jusqu’à Vendres, la Clape étant alors une île authentique comme au cours de la transgression
versilienne et aujourd’hui encore prenant cet aspect singulier lors des grandes inondations (1999 :
Carte1)32
34 –Palus Devant les arguties d’autres auteurs tant sur le termes de « sinus »( golfe ou baie),
« aequor » (mer) et « stagnum » (étang) utilisés par Avienus35, il y a tout lieu d’adopter ce nom
neutre plus général pour désigner le plan d’eau (Clavel-Lévêque,2014), terme que l’auteur d’ Ora
maritima36 emploie d’ailleurs aussi dans ses textes. Bien qu’évoquant d’emblée un marais, il ne
préjuge en rien des qualités physico-chimiques de l’eau et peut désigner, selon le même géographe,
aussi bien une étang tel que celui de Thau, Taurus Palus ou une lagune comme le Palus Etrephaea
aux embouchures des rios Tinto et El Odiel ( à l’emplacement actuel de Palos en Espagne), un simple
marécage et même , selon Virgile ( Géorgiques) une mer fermée, tel le Palus maeotica = la Mer d’
Azov, domaine des Scythes.
35 - Les terrasses quaternaires correspondent au plateau de Vendres, situé entre ce village, Sauvian
et Sérignan. Très différent des autres reliefs entourant les étangs, il est d’origine fluviale car formé au
Quaternaire par les alluvions de l'Orb, riches en galets de natures diverses, avec un sol très lessivé dit
fersialitique et une accumulation d’argiles bariolées « gonflantes ». La nappe phréatique est
superficielle et alimente des sources se déversant dans l’ étang.
36 - Aviénus (Rufus Festus Avienus), un haut fonctionnaire, géographe et poète latin du IVe siècle,
sous Théodose Ier, né en Étrurie vers 305 et mort vers 375, est l'auteur de poèmes scientifiques
notamment, entre 350 et 355, des Ora maritima (« Rivages maritimes »), dont il ne subsiste qu’une
partie du Premier Livre. Constituant la plus ancienne description de l'Europe occidentale qui ait été
conservée, cet ouvrage décrit notamment les côtes de la Méditerranée depuis les Colonnes d'Hercule
(Gibraltar) jusqu'à Marseille, évoquant ainsi celles du sud de la Gaule, en particulier du Languedoc17
Roussillon. (vers 565-631). Selon Ugolini et Olive (1987), « la description poétique » des côtes
languedociennes, bien que « très cohérente et homogène… pourrait … être tirée d'une seule source,
remontant vraisemblablement à l'époque de la conquête romaine. Il s'agirait non pas d'un périple
maritime comme on l'a toujours cru, mais plutôt, ici, d'un itinéraire terrestre restituant le paysage tel
qu'on aurait pu le voir de la Voie Héracléenne-Voie Domitienne entre le IIeme et le Ier s. A.E.C… ».
Qui plus est, toujours suivant ces deux auteurs, décidément opposants, Aviénus remontant plus loin
dans le passé, se serait également inspiré pour la rédaction de son poème d’ ouvrages antérieurs de
plusieurs siècles à son époque (VIe-Ve.s. A.E.C.), tels que la Périégèse d’ Hécatée de Milet, les
copiant plus ou moins au hasard de ses lectures, avec ajout de ses propres observations et
commentaires. Autre critique –peut être plus justifiée - sur l’état de Béziers où des fouilles récentes
permettent désormais de voir que la ville a été abandonnée, totalement ou en majorité non au IV siècle
E.C., mais beaucoup plus tôt, entre 330/300 et 170/150 A.E.C.
37 - Les Élisyques (Ἐλισύκοι -ων en grec, Elesyces en latin) étaient un petit peuple de Gaule
méridionale, cité par Hécatée de Milet, Hérodote et Avienus36, établi de longue date dans la
région de Narbonne, leur capitale (Naro), et de Béziers. Considéré comme d’origine ligure
(Hécatée), ouvert aux influences ibère, hellénique puis celte, il aurait conservé l'essentiel de sa
culture jusqu'à l’arrivée des Volques ou la colonisation romaine.
38 – Les affluents du Palus devaient être beaucoup plus nombreux qu’aujourd’hui, les sources ayant
été souvent taries à l’époque moderne lors de travaux agricoles et l’aménagement de voies, l’ A9 en
particulier. Par extrapolation et sans grand risque d’erreur, on peut citer sur Vendres, les eaux des
terrasses de l’ Orb et le ruisseau de la Carrierasse, sur Lespignan ses propres sources, celles du Pech
blanc et de Valère, et, côté Clape27, des ruisseaux tels celui du Bouquet, émanant du réseau karstique
de ce massif.
39 – Il s’agit des milieux humides qui entourent classiquement nos lagunes languedociennes, telles
que l’étang de Vendres actuel : la roselière, encore appelée phragmitaie car elle se compose de
Phragmites communs (« roseaux »),croissant dans l’eau et donc, à ne pas confondre avec la Canne de
Provence ; la sansouïre, sur sol limoneux, salé et régulièrement inondé par l’étang, formée de plantes
particulièrement bien adaptées à ces conditions telles que la Salicorne, l’Obione, la Soude et les
Limoniums ; la ripisylve près des zones d’eau douce (bords de l’Aude, ruisseaux, sources) avec ses
Frênes, Peupliers, Saules et Aulnes.
40- Le Pecten ou « Pétoncle » glabre, Flexopecten glaber , autre marqueur biologique, est un
Mollusque muni de branchies en lamelles et d’une coquille à deux valves articulées avec
des « oreillettes »(Fig.23), proche parent des « Pagelines » languedociennes (« Pétoncles » blanc et
noir) et de la Coquille Saint-Jacques propre à l’Atlantique. Confiné aujourd’hui, en survie, dans
l’étang de Thau et vers Collioures, il devait abonder dans le Palus Hélicé dont les fonds vaso-sableux
étaient propices à son mode de vie. En témoigne la présence de ses valves dans des terres
profondément labourées de la Matte et surtout, en tant que « conchyliorestes » de consommation, dans
les dépotoirs de sites protohistoriques et gallo-romains sur Vendres, Lespignan et même au-delà
(Saint-Chinianais) où il fut transporté (Lopez, Clavel-Lévêque,Marcou et Rieux..).
41 - Une espèce relictuelle ou relicte est un taxon vivant que l’on aurait pu croire éteint dans un
milieu à priori favorable (ici un bord de mer) mais qui s’avère y exister encore de nos jours en des
niches écologiques limitées. Sa qualification de « fossile vivant » est inacceptable dans le cas d’
Ephedra où l’on ne peut être assuré, faute de données paléontologiques, qu’il n’a pas changé depuis
son époque d’‘apparition .
42 - En biologie, une espèce relique est un taxon d'origine très ancienne généralement isolé dans la
classification des êtres vivants, présentant le plus souvent des caractères archaïques et qui ne se
rencontre que dans une aire limitée On parle de population relique lorsque ce n'est pas l'espèce en ellemême,
mais seulement une population de cette espèce qui se retrouve isolée des zones auxquelles cette
dernière est rattachée, généralement pour cause de modifications climatiques..
18
Avec la participation de Jean-Claude Rieux (Valras-Plage, Parc Culturel du
Biterrois) qui a guidé les prospections archéologiques de l’auteur sur les
collines au sud de Lespignan
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