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INSECTES HETEROPTERES HOTES DES ARAIGNEES ARAIGNEES
ET LEUR ENVIRONNEMENT: VINGT-CINQ
ANS
DE RECHERCHES
Par
André LOPEZ, auteur
(version
2025)
|
Arachnocoris
est un genre
d'hémiptères
hétéroptères
de
la famille des Nabidae.
Les membres de ce genre sont tous néotropicaux
et
vivent sur des toiles d'araignées,
surtout de Pholcidae
en
tant que cleptoparasites
facultatifs.
Distribution
Les
Arachnocoris ont une aire
de
répartition
très vaste, s'étendant du Panama
au
Brésil
(Venezuela
et
Guyane
compris). Elle inclut aussi l'arc Antillais avec ses grandes îles
(Porto
Rico,
Hispaniola)
et les plus petites dont la Guadeloupe
et
la Martinique.
Écologie,
biotope
Les
Arachnocoris vivent en forêt
dense
humide, généralement à la base de gros
troncs
d’arbres tels que Dacryodes,
Sloanea,
Bombax.
Les toiles d'araignées y sont installées dans des
anfractuosités plus ou moins
profondes que délimitent souvent des contreforts. Ces derniers
sont des
expansions du tronc (« buttresses » des
anglophones) propres aux
forêts pluviales des Tropiques, en fait des racines adventives
transformées
pour étayer certains arbres à enracinement superficiel.
Lieu de prospection idéal
pour les zoologistes, les anfractuosités représentent des
niches écologiques
particulières où la pénombre, l’humidité
intense et la stagnation de l’air
créent un microclimat éminemment favorable à de
nombreux animaux sédentaires,
aux araignées en particulier, à l’installation de leurs
toiles, des commensaux,
des cleptoparasites, ainsi qu'aux proies qui s’y aventurent (Lopez,
1984,1990 ; Nentwig, 1993).. Les Pholcidae y
sont particulièrement fréquents.
Araignées
hôtes
À
l'exception de Velidia berytoides (île de
Grenada), tous les Arachnocoris décrits ont
été récoltés sur des toiles
d'araignées, "living en famille -en français dans
le texte-
with colonies of spiders" selon O.Pickard Cambridge (in Scott,
1881
et Myers, 1925). La plupart des espèces dont l'hôte est
connu, notamment aux
Antilles, parasitent surtout des Pholcidae
dont l'endémisme insulaire serait élevé (Huber
2000). Ces araignées
construisent des toiles en nappes horizontales favorables à
l'installation des
Nabinae (Lopez, 1990,1997; Sewlal and Star 2008, 2009; Mercado and
Santiago-Blay 2015). Dans le cas d'Arachnocoris trinitatis, il
s'agirait
de Mesabolivar
aurantiacus
et de Coryssocnemis
simla (Sewlal & Starr, 2008,2009), et dans celui d'A.karukerae
(Guadeloupe),
de Mecolaesthus
taino.
Selon Myers (1925), Arachnocoris albomaculatus
serait hébergé par des araignées d'autres
familles : Micrathena
(Acrosoma)
(Araneidae),
Uloborus
(Uloboridae)
et Tidarren
(Theridion)
forda (Theridiidae).
Dans cette dernière famille, Lopez 2signale
qu'Anelosimus
eximius,
de Guyane,
est l'hôte d'un Arachnocoris sp.
Description
Les
caractères génériques ont été
décrits pour la première fois par Scott (1881)
d’après son Arachnocoris albomaculatus
Fig.1
- Vue
de profil d'Arachnocoris karukerae. M.E.B.
Il
s'agit
d'insectes petits (jusqu’à 6 mm), élancés,
grêles et pourvus de longues pattes.
La tête (Fig.1 à 3) est libre, courte, prognathe,
prodéclive,
2)subcarrée, à 5 faces. Les antennes sont grêles
filiformes, de 4 articles, le
premier de ces antennomères étant le plus court et le
troisième le plus long,
plus ou moins annelées de noir, blanc ivoire, gris, jaune ou
rouge. Les yeux
composés sont semiglobuleux. Deux petits ocelles
postérieurs. Le rostre atteint
l’extrémité postérieure du métasternum et
présente 4 articles dont le 3eme est
le plus long.
La
partie
antérieure du thorax montre un pronotum
fortement défléchi vers la tête,
s’y rétrécissant en collier ou collum et un lobe
postérieur deux fois plus long
qu’elle, concave au-dessus du scutellum. Ce dernier triangulaire, plus
long que
large à sa base, très pointu à l’apex.
Fig.2
- Vue
antérieure ou frontale d'Arachnocoris karukerae M.E.B.
Sur
le
métasternum, fusionné avec ses pleurites, les orifices
excréteurs d’un organe
glandulaire sont logés au creux de deux fortes saillies en forme
de pavillon ou
" auricule " (Fig. 4,5).
Les
hémélytres sont rétrécis dans leur
moitié proximale, comportent à la base une
corie externe sans cuneus individualisé, un clavus ou champ
vanal interne et
montrent à l’apex une membrane arrondie, pourvue de 7 nervures.
Ils sont
disposés à plat au repos et sertissent les bords du
scutellum par leurs clavi.
Les ailes postérieures ont une nervation réduite ;
Le hamus, portion basale
de la nervure médiane avant la transverse y fait défaut.
Les
pattes
sont longues et grêles avec les fémurs de leurs deux
premières paires très
épineux et les griffes des tarses, modifiées par une
adaptation remarquable à
l’arachnophilie.
Fig.3
- Vue
latérale d'Arachnocoris varius. M.E.B.
L'abdomen
est allongé, rétréci dans sa partie
antérieure au niveau des deux premiers
segments qui ont ainsi l’aspect d’un pédicule, comme chez les
Hyménoptères. Sa
face dorsale presque plane et parfois teintée de rouge est
dissimulée par les
ailes.
Les
stades
immatures rappellent étrangement des fourmis par leur profil et
leur coloration
rougeâtre (Myrmécomorphie
ou
myrmécoïdie),
parfois
aposématique (Mercado & Santiago-Blay 2015).
Fig.4
-
Arachnocoris varius : orifice d'une glande odorante
(flèche, O) et son
auricule (A) sur le métathorax (T) d' Arachnocoris varius.
M.E.B.
Le
dimorphisme
sexuel
réside
essentiellement dans certaines particularités des pattes des
mâles :
épaississement des fémurs de la deuxième
paire ; présence fréquente d’un
crochet incurvé sur les trochanters de la troisième paire
(Fig .).
La
particularité la plus intéressante est l'adaptation
anatomique des pattes à
l'arachnophilie (Fig.6 à 8). Elle réside dans des
modifications particulières
des pattes, surtout des tarses, expliquant l’exclusivité du mode
de vie
arachnophile, à tous les stades du cycle vital) comme le
soulignent Lopez
(1990, 19973,4),
Mercado et Santiago-Blay (20155).
Fig.5
-
Arachnocoris karukerae : orifice d'une glande odorante (O) et son
auricule
(A) sur le métathorax (T). M.E.B.
Les
griffes tarsales ont une conformation particulière
déjà visible chez la nymphe mais non mentionnée
par Miller (1971). Comme l'ont
souligné Myers (1925), Bristowe (1941) et Lopez (19846,19903,19974),
ce dernier d'après les données de la microscopie
électronique à balayage
(M.E.B.), elles sont plus courtes que celles des Nabidae
typiques, ont une surface interne lisse, paraissent rétractables
indépendamment
l'une de l'autre (fig.6 à 8), sont susceptibles d'être
étroitement rapprochées
du tarse et forment avec lui, se repliant en "lame de canif", une
sorte de "crochet"
("hooking") capable d'emprisonner les fils de l'hôte. De plus,
les
parempodia sétiformes sont alignés presque
parallèlement aux tarses peut-être
pour palper les fils de soie, et il n'existe pas de structures de
fixation de
surface typiques telles que les coussinets adhésifs tarsaux
(pulvilli, arolia)
et la fossula spongiosa tibiale (Zhang & al., 2016).
Les
fémurs
des deux premières paires (pro et mésofémurs) sont
manifestement ravisseurs
("raptorial" en anglais) et garnis de deux rangées
d’épines ventrales
(Fig. 9), inclinées et très acérées, toutes
semblables ou de deux longueurs
différentes chez Arachnocoris thesauri..
Fig.6
-
Griffes d'Arachnocoris karukerae M.E.B.
Anatomie
interne
Le
métathorax renferme un appareil glandulaire vraisemblablement
odorant et
répugnatoire rappelant celui
d'autres Hétéroptères
(Pentatomidae,
Lygaeidae).Découvert
par
coupes histologiques chez Arachnocoris
varius, il est volumineux, complexe, d'un type évolué
et se compose de deux
grosses glandes latérales à épithélium
éosinophile, de leurs canaux excréteurs
et d'un vaste réservoir médian. La
sécrétion épithéliale s'accumule dans ce
dernier, est émise ensuite par deux canaux évacuateurs
(Fig.12) et diffusée au
niveau des pores et de leurs auricules (Fig.4,5) où semble
exister un
dispositif d'occlusion.
Par
ailleurs, il serait intéressant de rechercher les
preuves d'une éventuelle insémination
traumatique :
stigmates
tégumentaires ventraux chez la femelle et présence dans
son hémocoele
de
spermatozoïdes
en
migration vers les ovocytes.
Fig.7
-
Autres griffes d'Arachnocoris karukerae. M.E.B.
Comportement
Les Arachnocoris
sont établis dans la toile d'araignée sur la face
inférieure de la nappe, du
dôme ou parmi les réseaux irréguliers et
tridimensionnels maintenant les
précédents en place. Ils sont solitaires ou en petit
nombre, 3 à 4 maximum.
Immobiles ou animés de mouvements très lents, ils
adoptent une position
inversée, leur face dorsale orientée vers le bas, et
suspendus par les pattes
comme Myers (1925) l'avait déjà signalé pour Arachnocoris
albomaculatus.
Fig.8
-
Griffes d'Arachnocoris varius. M.E.B.
Il
n'est pas
douteux que ce sont les griffes modifiées qui permettent seules
l'inversion en
se repliant contre le tarse, chaque "crochet" ainsi formé
emprisonnant un fil de soie tout au long duquel l'insecte peut ensuite
glisser
et donc, se déplacer.
En
revanche, les autres hémiptères
arachnophiles connus, Plokiophilidae en particulier (Carayon, 1974), Miridae
, Anthocoridae,
Reduvidae
,
se déplacent ventre en bas, donc en position
érigée, sur des toiles denses
napiformes, et possèdent de longues griffes droites leur permettant
d'y faire des
"pointes"...
Moyens
de défense et protection
Comme
dans le cas des Argyrodes,
l’inféodation aux toiles d’araignées pose le
problème des relations avec ces
dernières, problème que soulèvent d’ailleurs tous
les « inquilins »,
d’une extrême diversité, connus jusqu’ici : autres
Hémiptères, Diptères,
chenilles, papillons adultes, chauves-souris.
Ils se reposent sur les édifices soyeux et
dérobent de la nourriture à leurs hôtes. Pour s’en
garantir, ils doivent passer
inaperçus, se confondre avec des débris inertes, surtout
végétaux, retenus par
la toile, simuler des Arthropodes différents et le cas
échéant, mettre en œuvre
une défense active avec la sécrétion
éventuelle de glandes odorantes répugnatoires.
Liste
des espèces
Un
total de 16 taxons a été inventorié jusqu'ici
(2017) par Mercado et al.7.
A. Lopez a décrit trois d'entre eux des Antilles3
et
de la Guyane4.
• Arachnocoris
alboannulatus Costa-Lima 1927
•
Arachnocoris albomaculatus
Scott 1881
•
A.berytoides
(Uhler)
1894
•
A.darlingtoni
Santiago-Blay & Mercado 2016
•
Arachnocoris dispar
Scott 1881
• A.eberhardi
Kerzhner 1990
• .Arachnocoris
karukerae Lopez 1990
•
Arachnocoris myersi
China, 1946
•
Arachnocoris panamensis
(Distant 1893)
•
A.portoricensis
Mercado
2016
•
A.setosus
Kerzhner
1990
• Arachnocoris
simoni Bergroth 1899
• Arachnocoris
thesauri Lopez 1997
•
Arachnocoris torquatus
Bergroth 1914
•
Arachnocoris trinitatis Bergroth
1916
• Arachnocoris
varius Lopez 1997
Espèces
françaises
Fig.9
-
Arachnocoris karukerae : les deux rangées d'épines
(E) sur un deuxième
fémur. M.E.B.
Insecte
grêle, élancé, subcylindrique, jaune pâle,
largement tacheté de brun. Tête
lisse, brillante, jaunâtre sur la gula, latéralement et le
clypeus, brune à la
base et dans une zone trapézoïdale située entre les
antennes. Yeux
semi-globuleux, bruns ou rougeâtres ; ocelles petits,
postérieurs, brun
sombre. Antennes grêles, filiformes, à segments bruns et
articulations
jaunâtres. Rostre de même teintes, à pointe brune.
Pronotum montrant un collier
étroit, lisse, brun clair, et pubescent, une partie moyenne
également lisse,
brun foncé avec une dépression centrale et des bords
convexes, presque glabre
et une partie postérieure vaste, bombée, velue,
densément ponctuée-chagrinée,
surplombant le mésonotum. Ce dernier est brun, avec des bandes
jaunes
paramédianes. Le scutellum, également brun, est
surmonté de deux fortes soies
dressées. Sternum d’un brun-noir brillant comme les pleurites du
mésothorax.
Les métapleures jaunes
présentent au M.E.B. une
microsculpture très
particulière et une expansion en forme d’
« auricule » entourant
l’orifice de la glande odorante juste au-dessus de chaque coxa de patte
postérieure (III). Les coxae des pattes antérieures (I)
et médianes (II) sont
brunes et celles des III jaunâtres, avec une ou deux macules
rouges sur leur
face antéro-externe. Les trochanters sont bruns et les
fémurs marqués d’anneaux
également bruns, le distal étant le plus étendu,
délimitant trois zones claires
sur les pattes I et quatre sur les deux autres paires (II et III) comme
l’ont
souligné Mercado & al., à titre comparatif avec
d’autres espèces.
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Les
fémurs postérieurs (III) sont inermes tandis que les I et
II portent des épines
noires, alignées sur deux rangées contiguës mais
divergentes. Tibias et tarses
bruns. Griffes des tarses remarquables pouvant être
apprimées contre ces
articles. Les hémélytres, assez ternes, n’ont pas
d’éclat métallique et
atteignent l’extrémité de l’abdomen.Elles ont un clavus
brun et une membrane
rembrunie au centre et sur son pourtour. La corie est ornée
d’une tache rouge
suivie d’une macule laiteuse, très apparentes, juste avant
l’élargissement. Les
ailes postérieures ne sont pas pigmentées mais
légèrement irisées. Quant a
l’abdomen, il présente une face dorsale jaune clair ou
rougeâtre. Sa face
ventrale est convexe, jaunâtre, largement tachetée de brun
ou de
brun-rougeâtre, les taches formant des plages latérales
non fusionnées sur la
ligne médiane, ou des bandes transversales marbrées de
zones plus
claires ; les stgmates sont jaunâtres. Dimensions
moyennes : longueur
totale : 3,6 mm dont 0,4 mm pour la tête, 1,4 mm pour le
thorax et 1,8 mm
pour l’abdomen. Largeur du lobe pronotal : 0,9 mm. 6 femelles
provenant de
Guadeloupe, Basse-terre, sylve primaire, près de la
« Maison de la Forêt,
route de la Traversée (D 23). Sur toiles en nappe de Pholcidae,
à la base de
gros arbres, entre les contreforts du tronc qui les protégeait
(Aout 1983). L'auteur n'a pu les photographier, contrairement à des chercheurs
guadeloupéens qui en observèrent beaucoup plus tard d'autres exemplaires(Fig. )dans le même milieu ( ).
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Il
est possible qu’Arachnocoris karukerae habite aussi la Martinique. En
effet,
A.Lopez y a récolté, 5 ans plus tôt, une nymphe
myrmécoïde d’ Arachnocoris en
forêt dense (« Trace des Jésuites »
(Morne Jacob : Mars 1978),
individu examiné par le Pr.Carayon (M.N.H.N.) et
considéré comme une espèce
nouvelle.
Arachnocoris
varius
(Guyane)
Insecte
étroit, allongé, à dominante
brun-noirâtre,
avec des taches blanches sur le
corps et les ailes. Tête à gula, joues et clypeus
jaunâtres ; front et
vertex bruns. Grands yeux rougeâtres ; ocelles de
même couleur, assez gros et
saillants (fig. 3). Antennes brunes, avec le quatrième article
à pubescence
fine, blanc dans ses deux tiers distaux qui tranchent sur tout le reste
de
chaque appendice. Rostre brunâtre. Vaste pronotum montrant un
collier jaune
luisant (fig. 3), une partie moyenne brun jaunâtre et une partie
arrière brun
foncé, d'aspect chagriné. Scutellum en triangle
allongé, brun-foncé presque
noir, portant 6 soies inégales, dressées, sur deux files,
et un appendice
postérieur ou apical oblique, d'un blanc très pur (fig.
3). Propleures et
sternum brun-jaunâtre ; mésopleures brun-foncé
presque noir, lisses et
brillantes. Métapleures jaunâtres, présentant une
microsculpture remarquable
dans les " zones d'évaporation " et au-dessus de chaque orifice
glandulaire, un fort bourrelet auriculiforme (fig. 4)
déjà observé et
photographié chez l'Arachnocoris karukerae où son aspect
est à peu près
semblable (LOPEZ, 1990 : f.6 et 7). Pattes à trochanters et
coxae brun
olivâtre clair, les trochanters III du mâle portant un
crochet noir et luisant,
de même longueur , s'incurvant vers l'arrière dans l'axe
fémoral . Les autres
articles des pattes I et II sont entièrement brun foncé
tandis que dans les
postérieures, la moitié distale du fémur, le tibia
et le tarse sont plus
clairs, un peu jaunâtres. Les épines des fémurs I
et II sont assez courtes,
subégales, robustes et inclinées . Grêles et
cylindriques chez la femelle, les
fémurs II sont renflés et légèrement
fusiformes chez le mâle. Hémélytres sans
éclat métallique, à clavus gris et membrane de
même couleur, plus claire
toutefois en son centre et légèrement irisée.
Corie tripartite montrant une
zone proximale translucide allongée (" fenêtre "), une
zone médiane
rectangulaire d'un brun foncé presque noir et surtout, une zone
distale
triangulaire blanc laiteux et opaque. Ailes métathoraciques
hyalines,
légèrement irisées, brunies à l'apex et
dans les deux cellules supéro-externes
qu'encadrent des nervures plus foncées. Les deux premiers
segments abdominaux
sont rétrécis en pétiole; le 4ème est le
plus large; le 6ème porte chez le mâle
une " selle " transversale dentelée aux
extrémités. Leur face
inférieure est lisse, convexe, luisante, brun-olivâtre,
avec des aires
stigmatiques bombées, blanc jaunâtre, un
liséré postérieur de même teinte et
vire au brun foncé presque noir dans les deux segments
postérieurs. Vers
l'avant, la face supérieure est teintée de rouge, visible
à travers les
fenêtres des deux hémélytres. Dimensions :
longueur totale : 5 mm
dont 3 pour l'abdomen. 4 mâles ; 8 femelles.
Cette
espèce
est ainsi nommée en raison de son aspect bigarré
remarquable (Lopez,1997)
Arachnocoris
thesauri
(Guyane)
Trouvé
sur
l'une des toiles qui hébergeait aussi Arachnocoris varius,
il n'est
connu que par une femelle.
Insecte
étroit, allongé, à dominante brun-rougeâtre
clair, sans taches blanches sur le
corps et les ailes. Tête à gula, joues, clypeus et vertex
jaunâtres; deux
petits traits bruns obliques et divergents sur le front. Yeux
rougeâtres comme
les deux ocelles entre lesquels se dresse une longue soie, et qui sont
plus petits,
moins saillants que chez la première espèce. Antennes
brunes, avec le quatrième
segment blanc dans sa moitié proximale. Rostre brun, plus
foncé à l'apex. Vaste
pronotum brun-jaunâtre, avec le collier plus clair, garni en
arrière d'une
pilosité courte, serrée, et portant en avant 3 longues
soies dressées au-dessus
de chaque coxa antérieure. Mesonotum jaunâtre avec un
scutellum brun, rebordé
et montrant 6 grands poils noirs sur deux files qui convergent vers son
apex
postérieur, ce dernier dépourvu d'appendice. Propleura et
sternum
jaunâtres ; meso, métapleura et sterna
brun-rougeâtre clair. Orifices
glandulaires métépistemaux à auricules concolores,
peu saillants et de ce fait
moins visibles que chez la première espèce. .Pattes brun
foncé, luisantes, non
annelées, montrant une tache rouge vif sur la face
supérieure de tous leurs
fémurs, juste avant l' articulation tibiale. Les épines
des fémurs X et II sont
de deux tailles différentes: les unes courtes, par groupes de 2
à 4 ; les
autres deux à trois fois plus longues, isolées, alternant
avec les précédents
(fig.11). Hémélytres à clavus
gris-brun
foncé; corie plus claire, sans tache
blanche, mais ornée d'une macule en triangle allongé
rougeâtre, devenant brun
foncé à sa pointe. Membrane gris-brun, éclaircie
au centre et sur ses bords,
interne et externe, où sont ainsi formées deux lunules
symétriques, presque
translucides, semblant échancrer l'hérnélytre.
Aile métathoraciques uniformes ,
transparentes et irisées. La face ventrale de l'abdomen est
modérément convexe,
luisante, brune dans son tiers antérieur et brun rougeâtre
dans ses deux tiers
postérieurs. Les segments n'ont pas de marge postérieure
claire; ils montrent
des saillies stigmatiques jaunâtres. La face dorsale est bun
jaune, nuancée de
rouge latéralement. Dimensions longueur totale: 5 mm, dont 3
pour l'abdomen. 1
femelle adulte . Mâle inconnu.
Cette
espèce
a été ainsi nommée d'après le "Placer
Trésor" tout proche (montagnes
de Kaw,
commune de Roura).
Bibliographie
Mercado, Javier E.; Santiago-Blay, Jorge A.; 2015- Multiple model mimicry and feeding behavior of the spider web- inhabiting damsel bug, Arachnocoris berytoides Uhler (Hemiptera: Nabidae), from Puerto Rico. Life: The Excitement of Biology. 3(1): 20-
Mercado,
J.E. avec J.A. Santiago-Blay & M.D.Webb, 2016 – Review of
the West Indian Arachnocoris Scott 1881(Hemiptera :
Nabidae), with descriptions of Two New Species, and a Catalog of the
Species. Life :
the Excitement of Biology 4 (1), p.32-71.
Myers,
J.G. 1925. Biological notes on Arachnocoris albomaculatus
Scott (Hemiptera; Nabidae). Journal
of New York Entomological Society, 33 (Sept.1925) : 136-146
*
Sewlal,
J.N. & Sta)rr, C.K. 2008. Observations of the insect Arachnocoris
trinitatus (Het eroptera: Nabidae) as an inquiline in the webs of
the
spider Mesabolivaraurantiacus
(Araneae: Pholcidae). Caribbean
Journal of Science, 44(1): 132-135.
al.
Fig.12 - Appareil glandulaire d'Arachnocoris varius, coupe histologique. L'une des deux glandes odorantes (G), son canal excréteur (E) et le réservoir commun (R). S, sécrétion - T, tégument ventr
Fig.11- Arachnocoris thesauri : épines de deux longueurs différentes, longues (EL) et courtes (EC) sur un deuxième fémur. M.E.B.32.
Notes
et références
Life : the Excitement of Biology
4 (1), p.32-7
· (en) Christopher O'Toole, Firefly
Encyclopedia of Insects and Spiders, Firefly Books, 2002,
p. 100.
· · 7
· · Lopez,A., « Arachnocoris
karukerae n.sp. (Hémiptères :
Hétéroptères), Nabide commensal de Pholcidae
(Araignées) aux Antilles françaises. », Bull.Soc.Sciences
nat., 65, p.
3-7., 1990
· · Lopez,A., « Observations
systématiques et biologiques sur le genre Arachnocoris Scott
1881
(Hétérocères : Nabidae). », Lambillionea,
I (4), p. 528-538.,
1997
· · Mercado, Javier E.& Jorge
A.Santiago-Blay, « Multiple model mimicry and feeding
behavior of the
spider web- inhabiting damsel bug, Arachnocoris berytoides Uhler
(Hemiptera:
Nabidae), from Puerto Rico. », Life: The Excitement of
Biology. 3(1):
20-32., 2015
· · (en) Lopez,A., « News on
insects considered as spiders commensals and their hosts. »,
Newsl. Br.
Arachnol. Soc. (U.K.), n° 40, p. 3-4., 1984